La peur des premières fois

Un premier bébé, ça vient nécessairement avec une tonne de premières fois. Première grossesse, premier accouchement, premier allaitement, premières coliques, première couche qui déborde, premier sourire, premier éclat de rire, premières dents, premier mot, premiers pas… On passe tous par là.

J’étais prête à toutes ces premières fois (bon d’accord peut-être pas à l’accouchement et aux maudites dents), mais au moins je m’y attendais. Mais ce qu’on ne nous dit pas dans le «Mieux vivre avec son enfant» et dans la plupart des livres sur le développement des bébés, c’est qu’il existe d’autres premières fois ; les fois où on repousse nos propres limites.

La grosse différences avec ces événements-là, c’est que c’est toi qui les provoque. C’est toi qui décide d’essayer quelque chose de nouveau sans connaître le résultat et, parfois, ça fout la chienne. Parce que derrière mon beau sourire de maman confiante qui va souper au restaurant avec son bébé pour la première fois, se cache une mère paniquée à l’idée de devoir partir après 15 minutes parce que Marguerite braille à se fendre les poumons en deux devant 70 personnes qui trouvent que j’ai donc pas d’allure de lui imposer ça.

J’exagère à peine.

C’est magnifique le congé de maternité, même si on est parfois dépassée par les événements (comme un bébé de neuf mois – allô !- qui n’a pas encore de dents et qui a la peau des fesses en chou-fleur à force d’attendre). Les mois passent, on prend ses aises et on finit par se construire une belle routine qui fonctionne et qui nous comble. Le bébé dort de mieux en mieux, la première nuit complète finit par arriver puis, soudain, on commence à craindre que ce bel équilibre s’écroule. Bref, je me suis mise à avoir peur de scrapper tout ce que j’avais mis des mois à établir.

Mais après avoir :

  • Traîné Marguerite à Long Island (à dix heures de route de chez nous) ;
  • Passé 8 nuits dans une roulotte avec elle ;
  • Passé 3 journées à la mer avec elle ;
  • Passé 1 semaine dans un chalet rempli d’enfants ;

Je me rends compte que la seule chose que mon amoureux et moi avons scrappé, c’est le bonheur et l’excitation qu’on aurait dû ressentir avant notre départ pour les vacances. Pis c’est plate.

Il me reste un peu plus d’un mois de congé de maternité et je réalise que malgré toutes nos appréhensions non fondées, on continue à avoir peur. L’intégration de Marguerite au CPE, mon retour au travail, le changement de routine et la difficulté de concilier nos horaires de travail atypiques nous angoissent vraiment.

Alors je me parle. Et même si ce n’est pas facile, je suis déterminée à ne pas gâcher ces derniers jours privilégiés afin de me consacrer entièrement à ma fille. Jouer, rire, câliner sans arrières-pensées et surtout, sans me soucier de la job, des contrats et de l’argent.

En anglais, ça s’appelle le mindfulness, cette capacité de vivre le moment présent à 100%. C’est pas toujours évident, mais je m’y efforce en me disant qu’on traversera le pont quand on sera rendus…

 


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