Ma petite histoire de diabète gestationnel

J’ai passé mon test de glucose par une belle et (très très) chaude journée d’été. Je venais de parcourir les 500 mètres qui me séparaient du pavillon Rosemont de l’hôpital Maisonneuve-Rosemont, quand affamée et en nage (lire : je suais comme un porc*), je me suis engouffrée à l’intérieur du vieux bâtiment en quête d’un peu de fraîcheur.

Premier choc : La climatisation était en panne et le vieux ventilateur sur pied qui devait dater de 1977 ne suffirait clairement pas à rafraîchir 12 futures mamans au bedon déjà bien rond.

Deuxième choc : On en avait pour trois heures.

J’ai survécu au jus dégueulasse et aux trois heures d’attente avant de rejoindre mon homme pour un déjeuner en amoureux où j’ai mangé, sans le savoir, mes dernières gaufres avant un bail. À ce moment-là, tandis que je noyais mon déjeuner dans du sirop d’érable, je me sentais délivrée ; mon test de diabète était fait et, of course, il serait négatif.

Troisième choc : Dimanche après-midi, 14 heures, je sirote un déliciiieux perrier sur la terrasse de mon oncle pour l’anniversaire de mon petit cousin quand le téléphone sonne.

On s’entend qu’un appel de la clinique, par un beau dimanche ensoleillé de juillet, c’est rarement pour te dire que tout va bien. J’ai laissé sonner, « d’un coup que » … Mais le bip de la boîte vocale s’est vite fait entendre. J’ai pris le message à l’écart et la voix de mon médecin a rapidement crevé ma bulle de moi-je-n’aurai-pas-de-diabète-de-grossesse.

Je ne vous mentirai pas, je l’ai d’abord pris comme un échec. Je repensais aux petits plaisirs (chocolat, crème glacée, bonbons, chips) que je m’étais permis un peu plus souvent que d’habitude et je me flagellais mentalement d’avoir cédé à mes envies de femme enceinte. En arrivant à la maison, j’ai pleuré à chaudes larmes dans les bras de mon amoureux qui ne comprenait vraisemblablement pas pourquoi j’en faisais tout un drame. Je me suis ensuite mise à googler inlassablement diabète+grossesse, diabète +gestationnel, risques+diabète+gestationnel, erreurs+test+diabète, etc. Et, je me suis presque laissée crever de faim en attendant ma rencontre d’informations à l’hôpital.

J’étais zen, quoi…

La rencontre a duré quatre bonnes heures. On nous a d’abord expliqué ce qu’était le diabète gestationnel (le placenta empêche le pancréas de sécréter suffisamment d’insuline), quels étaient les risques pour nous et pour le bébé, puis on nous a appris à surveiller notre taux de sucre (oui, il faut se piquer plusieurs fois par jour le bout du doigts et consigner les résultats dans un livret qu’on présente régulièrement au médecin). Notre suivi de grossesse devient donc beaucoup plus serré et les allers-retours à l’hôpital se multiplient.

Pour stabiliser le taux de sucre, il n’y a pas de solution miracle. Une diète faible en sucres simples peut suffire, mais certaines personnes doivent compléter avec des injections d’insuline.  Les deux options sont sans danger pour le bébé, mais la seconde accroît le risque de complications après 38 semaines d’aménorrhée ; ce qui augmente les probabilités d’accoucher par césarienne.

Personnellement, je tenais vraiment à vivre un accouchement naturel et j’ai suivi ma diète à la lettre pour éviter l’insuline et donc la césarienne. J’y suis parvenue tant bien que mal en prenant mes glycémies beaucoup trop souvent et en notant tous mes repas et toutes mes collations dans un petit cahier. J’ai fait énormément de zèle et j’avoue, avec le recul, que c’était probablement trop. Je me suis privée, j’ai culpabilisé, j’ai traîné mes repas lors de soupers de familles ou de BBQ entre amis… Je me suis mise à angoisser chaque fois que j’actionnais mon glucomètre. Tout ça pourquoi ? Par fierté, par orgueil ou par amour pour ma fille ? Je ne sais pas trop. Probablement un mélange de tout ça.

Mais ce que je sais par contre, c’est que je me suis mis beaucoup trop de pression et qu’en fin de compte, le diabète gestationnel c’est loin d’être la fin du monde. Est-ce que j’aurais pu l’éviter en me refusant les quelques bonbons que j’ai mangé en début de grossesse ? Honnêtement j’en doute,  car bien qu’il existe des facteurs augmentant les risques de développer un diabète de grossesse, on ne sais pas vraiment ce qui le provoque.

Et quoiqu’il en soit, mon placenta a peut-être malmené mon pancréas, mais il a surtout nourrit et protégé mon bébé pendant 9 mois… Et c’est déjà pas mal exceptionnel en soi !

 

 

*Je sais… les porcs ne suent pas, mais bon, vous comprenez.

** Cet article reflète mes opinions et mon expérience personnelle. Cela ne se veut pas une référence médicale.


Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s